Voyages Musicaux ![]()
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PROGRAMME DE LA SAISON 2007-2008
Vendredi 19 et Samedi 20 octobre
Je vécus parmi les hommes au temps de la révolte. Et je m'insurgeai Chicago, fin 1929. Sur fond de krach boursier, la guerre fait rage sur le marché de la viande. Tandis que les ouvriers sont au chômage technique, Mauler, le principal industriel du secteur, qui bénéficie d’informations confidentielles, pousse ses concurrents à la faillite, en spéculant sur les cours du bétail. Il trouve des alliés providentiels chez les « chapeaux noirs », les membres de l’Armée du Salut, qui manient la charité chrétienne pour mieux prêcher la soumission au peuple. Noyée dans le sang, une tentative de grève générale sonnera le glas définitif des ouvriers, contraints d’accepter licenciements massifs et baisses de salaire. Ce tableau du capitalisme dans sa version la plus sauvage, Bertolt Brecht l’a dressé en 1930.
15 €
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theâtre de Châteauvallon Dimanche 16 décembre 2007
Maître Puntila et son valet Matti Bertolt Brecht reprend à son compte la vieille querelle du maître et du valet en 1940. Puntila est un patron intraitable lorsqu’il est à jeun, et charmant quand il est ivre, et Matti un valet-chauffeur pris dans un système social qui suppose que les règles de domination régissent le monde. Riche propriétaire finlandais, Puntila veut marier sa fille à un attaché d’ambassade, mais celle-ci lui préfère le chauffeur de son père. Cependant, Matti a ce qu’on appelle une conscience de classe. Finalement, le valet moderne quittera son emploi sans épouser la fille du maître, preuve qu’il faut savoir rompre avec tous les liens de domination. Derrière l’allégresse de cette pièce, Brecht donne à voir combien l’utilisation du rire peut être nécessaire à la démonstration presque didactique d’une fable sociale. "Ce qui est encore pire, c'est que pendant ces accès de sobriété totale, insensée, je tombe carrément au niveau de la bête. A ce moment-là je n'ai plus la moindre inhibition. Ce que je fais dans cet état, frère, on ne peut vraiment pas le porter à mon compte. Pas si on a un coeur dans la poitrine et si on n'oublie pas de se dire que je suis malade. Je suis alors pleinement responsable de mes actes. Tu sais ce que ça signifie, frère, responsable de ses actes ? Un homme responsable de ses actes est un homme de qui on peut tout craindre" Folie, inventivité, luxuriance sont les clés du théâtre d’Omar Porras, metteur en scène de ce spectacle. "Maître Puntila et son valet Matti" est une comédie populaire à l’humour féroce.
Vendredi 7 décembre
"Les Fêtes Galantes" Mouvement, énergie, vitalité, sur trois Concertos Brandebourgeois de Bach, Béatrice Massin nous convie à la transformation d’une chorégraphie baroque en respiration contemporaine. Et sur un sol rouge éclatant, couleurs chaudes et lumineuses, dix interprètes font vibrer ce dialogue de plaisir entre musique et danse.
15 €
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Vendredi 25 et Samedi 26 Janvier Théâtre de Chateauvallon
"Theâtre Populaire d'Iran " La pièce: Il était une fois (et il n’était pas) un berger et un sultan qui avaient le teint mat et le même prénom: Ahmad. Le sultan Ahmad souffrait d’angoisse et de mélancolie.Pour le libérer de ses cauchemars, ses courtisans le conduisent au cœur de la forêt afin qu’il se baigne dans une source miraculeuse qui guérit tous les maux…
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Jeudi 14,Vendredi 15, Samedi 16 février
EVENEMENT CULTUREL! SCALA DE MILAN
"Cyrano de Bergerac" opéra de Franco Alfano avec Placido DOMINGO plus Grand concert symphonique à l'auditorium "Verdi" Deux nuits d’Hôtel Trois repas Trois visites Historiques visite de La Céne de Leonard de Vinci en option 795 € départ le 14 février 6 h Pl de la Liberté à Toulon Voyage en car Grand Confort Littoral Pendant le séjour nous serons logés au
Inscriptions à ce voyage culturel et musical 04 94 48 62 75
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Dimanche 27 Lundi 28 avril 2008 VOYAGE A GENESTeatro Carlo Felice "La Sonnambula"
Bellini
Le Voyage en Car Mittoral Car/Une nuit d'Hotel/ deux repas/le Spectacle au Carlo Felice avec Mariola Cantarero direction Daniel Oren. prix 285 € Le sujet est tiré de La Somnambule, comédie-vaudeville en deux actes de Eugène Scribe et Germain Delavigne (1819), et du ballet-pantomime en deux actes La Somnambule ou L’Arrivée d’un nouveau seigneur que Scribe tira de sa pièce pour la musique de Ferdinand Herold (1827). Acte premier [1h.30mn.] Premier tableau [65’] : on aperçoit au fond de la scène le moulin de Teresa, un torrent en fait tourner la roue. [Les indications de décor sont celles du livret original de Felice Romani]. La brève introduction orchestrale fait brièvement entendre le cor capricieux et la réponse malicieuse de la clarinette, puis pose d'emblée le climat de l'oeuvre en présentant un thème fort gracieux, bientôt repris par le choeur au dehors. La gaîté franche et simple du morceau n'a d'égale que sa fraîcheur, les paroles du choeur (qui fête les fiançailles d'Amina) ne disent pas plus que : « Viva Amina ! », le reste est constitué de vifs et joyeux « La-la-la-la » : toute la joie de vivre d'un monde de rêve, à la simplicité rustique et au charme champêtre. Romanza (Lisa) Le terme "Romanza" désigne un air non double, à l’inverse de l’ "Aria" qui équivaut à Cavatina+Cabaletta ; en revanche, la Romanza peut comprendre un "Da capo" ou reprise de sa mélodie, et c’est le cas de cette Romance de Lisa, dont on coupe souvent, hélas, le Da capo. Immédiatement après, apparaît la signature de Bellini : le cor anglais puis la flûte exhalent une mélodie plaintive à la suave mélancolie : tout Bellini s'y trouve résumé ! La flûte présente délicieusement le thème de la romance de Lisa : on sent ce tendre abandon que Bellini savait insuffler à ses mélodies, s'écoulant au travers de fioritures toujours contrôlées qui ne font jamais tomber la ligne vocale dans la virtuosité pure. On est touché par la tristesse de Lisa (soprano) qui ne participe pas à la joie générale car elle aime Elvino, le fiancé d'Amina. L'arrivée d'Alessio (basse) ne la console pas et pourtant il souhaiterait fortement épouser la piquante aubergiste. Coro Des groupes de jeunes paysans et paysannes descendent des collines, chargés de fleurs, et entonnent un charmant choeur : « In Elvezia non v’ha rosa… En Helvétie, il n'y a pas de rose Aussi fraîche et précieuse qu'Amina : C'est une étoile matinale, Toute lumière, tout amour. Mais pudique, réservée, Autant qu’elle est gracieuse et belle : Elle est une innocente tourterelle, Elle est l'emblème de la candeur. » La simplicité naïve de la poésie de Romani s'accorde à merveille avec la fraîcheur de la musique de Bellini, à la fois insouciante et un peu nostalgique. Recitativo, Cavatina et Cabaletta (Amina) Teresa (mezzo-sop.), la meunière, entre avec Amina (soprano), la jeune orpheline qu'elle a élevée. Amina chante sa gratitude et son bonheur dans une divine Cavatina qui ne manque jamais de conduire les auditeurs jusqu'à l'extase. En effet, Bellini colore la joie d'Amina d'une pointe de tendresse à peine mélancolique, le résultat est stupéfiant de délicatesse et d'émotion. Dans une Cabaletta légèrement plus vive, elle explique que son coeur peut à peine soutenir le bonheur qui la comble. Recitativo Alessio signale qu'il est l'auteur des préparatifs de la fête, et Amina lui souhaite d'être un jour heureux avec Lisa… mais celle-ci n'est pas de cet avis... Le notaire fait son entrée, bientôt suivi par Elvino (ténor), expliquant dans une irrésistible phrase musicale si mélancolique… qu'il était allé se recueillir sur la tombe de sa mère afin qu'elle le bénisse. Il déclare qu'il fait don de ses biens à Amina et, lorsque le notaire l'interroge à son tour, elle répond : « Le coeur seulement. » A ce moment, Elvino s'écrie, rempli de tendresse : « Ah! Tutto è il core ! » (ah ! le cœur, c’est tout !) et la flûte devance sa déclaration : l'un des plus beaux moments de l’opéra… Duetto (Elvino - Amina) : « Prendi, l’anel ti dono » : Elvino donne l’anneau de sa mère à sa fiancée. A l'audition du morceau, on se demande si l'histoire de l'opéra comporte plus tendre déclaration, passionnée mais suave ! Bellini fait atteindre à sa musique le comble de l'émotion, tandis que Elvino tend à Amina l'anneau et le petit bouquet de violettes. Les deux fiancés reprennent le thème, extatiques ! (…comme l’auditeur !). Stretta finale. Amina ne trouve pas de mots pour exprimer sa pensée... mais Elvino déclare que la flamme qui brûle dans le regard d’Amina lui en dit assez... Recitativo, Cavatina, Cabaletta (Conte Rodolfo) Un étranger (basse) fait son entrée et demande si le château est encore éloigné. Lisa lui conseille de passer la nuit à l'auberge... c'est alors qu'il semble reconnaître les lieux et donne libre cours à ses souvenirs dans une superbe Cavatina où s'exprime sa nostalgie d'un passé révolu. A la fin de l’air, il répète avec beaucoup d’émotion : « Cari luoghi, io vi trovai. Ma quei dì non trovo più ! Chers lieux, je vous ai retrouvés. Mais ces jours, je ne les retrouve plus ! » Ah! combien l’art de Bellini lui fait merveilleusement traduire en musique la nostalgie du personnage !… Comme le texte de sa Cavatina est placé entre parenthèses, cela signifie que les autres n’entendent pas ses paroles et ne peuvent donc avoir la réponse au fait qu’il semble connaître le village. Il s’agit en fait du seigneur du village, le comte Rodolfo, héritier du château situé un peu plus loin. On lui présente la fiancée, qu'il trouve tout à fait charmante, car elle lui rappelle une jeune fille qu'il a connue autrefois… (Cabaletta !). Lisa note avec dépit cet intérêt de l’étranger pour sa rivale, tandis qu’Elvino prend ombrage du fait que les compliments de l’homme plaisent à sa fiancée. Recitativo e Coro Le comte Rodolfo indique simplement qu'il a vécu au château autrefois... Les villageois lui expliquent que le bon seigneur, décédé voici quatre années, avait un fils que personne n’a jamais revu… Un son de cornemuse annonce l'heure où l'on reconduit les troupeaux au bercail... Teresa rappelle que l'heure est proche du « terrible fantôme »... Le comte, incrédule, suscite les explications du choeur : « A fosco cielo, a notte bruna… Sous le ciel assombri, dans la nuit brune Au faible rayon d'une lune incertaine, Avec le son grave d’un lointain tonnerre De la colline à la plaine, une ombre apparaît, Enveloppée d’un linceul blanc Les cheveux défaits, l’oeil ardent Comme un dense brouillard mû par le vent, Elle avance, elle grandit – elle semble immense !... » L'horreur elle-même est à peine tumultueuse dans ce morceau charmant, où s’exprime la touchante naïveté des villageois. Le comte comprend qu'il ne sert pas d'insister et décide de se retirer mais les compliments qu'il adresse à Amina agacent quelque peu le jeune fiancé. Recitativo e Duetto (Elvino - Amina) Celui-ci réserve une petite scène de jalousie à Amina (la première !) il s'explique avec une tendresse et une poésie d'une éloquence digne du meilleur Romani. « Je suis jaloux du zéphire amant Qui plaisante avec ta chevelure, avec ton voile Et même du soleil qui te regarde du ciel, Et même du ruisseau qui te sert de miroir. » La réponse d'Amina ne tarde pas, aussi touchante : « Je suis, ô mon bien, du zéphir, l'amante, Parce qu’à lui, je confie ton nom, J'aime le soleil car, je le partage avec toi, J'aime le ruisseau car, l'onde, il te donne. » Elvino lui demande pardon et lorsque leurs voix s'unissent, Bellini atteint (et nous fait atteindre !) ce "septième ciel" dont il rêvait. La chaleur de la passion amoureuse à la grâce sauvegardée par la délicatesse ne peut provoquer que la plus suave émotion. C’est l’extase… Les voix s'éteignent en répétant: « Même dans le sommeil mon coeur te verra. » Puis, dans un ultime sursaut de passion, ils lancent une retentissant « Addio !! », tandis que le rideau tombe. (On chante parfois ce mot piano et c’est plus dans le ton diaphane du duo… mais la conception de Bellini est souveraine). Second tableau [25’] : Une chambre dans l'auberge. Face au public, une grande fenêtre. Sur un côté, la porte d'entrée et de l'autre, la porte d'un cabinet. Un sofa et une petite table. Recitativo Le comte Rodolfo se déclare satisfait de l’aménité du lieu, de la courtoisie des hommes… quant aux femmes, elles sont « on ne peut plus aimables »... A ce propos, entre celle qu’il nomme « ma belle aubergiste », soucieuse de savoir (dit-elle) si tout convient au « Signor Conte ». Elle explique que le maire l'a reconnu et que tout le village va venir lui rendre hommage. Très galant, le comte courtise Lisa, mais un bruit venant de la fenêtre la fait fuir dans le cabinet attenant. La fenêtre s'ouvre toute grande et quelqu'un entre, lentement... Le comte n'en croit pas ses yeux : « le fantôme nocturne ? », mais il a tôt fait de reconnaître Amina, affligée d'une crise de somnambulisme ! Duetto del sonnambulismo Amina croit parler à Elvino et chante le thème musical accompagnant tantôt ses paroles de jalousie : « Je suis jaloux du zéphire... ». Lisa reconnaît Amina avec stupéfaction et sort. Le comte passe de l'embarras à l'espoir... puis, face à la candeur d'Amina (qui se croit devant l'autel nuptial !) il se ressaisit. Musicalement, la scène est une merveille de délicatesse : en contrepoint du chant, la clarinette soutenue par le pizzicato des cordes, et parfois renforcée par la flûte, crée une atmosphère idéale. Lorsqu'Amina implore un baiser, le comte Rodolfo préfère prendre la fuite... Amina s'étend alors sur le sofa. Coro Furtivement, le choeur des paysans s'avance dans l'espoir de réserver au comte une belle surprise... Ils le croient endormi mais constatent que c'est une femme !... Ils ne trouvent rien d’autre à dire (et à juste titre !) que : « È bizzarra l’avventura. ». Finale primo : Concertato e Stretta De loin, on entend Elvino s'écrier « È menzogna. ». Lisa s'est fait un plaisir d'aller le chercher... Le bruit éveille Amina qui ne comprend pas ce qui lui arrive... C'est elle qui conduit le splendide ensemble concertant dans lequel chacun exprime ses sentiments : Elvino est désespéré, Amina ne se sent pas coupable mais sa trahison semble manifeste selon le choeur. D'un ample et souple mouvement, le "Concertato" se développe peu à peu et atteint son apogée dans un lyrisme grandiose. Elvino ne veut plus entendre parler de noces ; son désespoir et la consternation d'Amina s'expriment dans la vive "Stretta finale", martelée par l’orchestre et scandée par la condamnation unanime du choeur... Tous sortent en menaçant Amina qui s'effondre dans les bras de Teresa. Le rideau tombe. Acte second [61mn.] Premier tableau [23’20] : Un vallon ombragé entre le village et le château. Scena e Coro La route conduisant au château est longue et pénible aussi les paysans décident-ils de se reposer un moment. Ils sont déterminés à implorer le comte afin qu'il défende Amina si elle est innocente, ou qu'il l'aide si elle est fautive. Est-il besoin de préciser avec quelle gentillesse et quelle fraîcheur Bellini exprime leur espoir ? Scena Cavatina e Cabaletta Elvino, Coro Après leur départ, Amina et Teresa surviennent, également décidées à se rendre chez le comte. L'émotion d'Amina est grande car elle reconnaît les lieux où ils s'assirent tant de fois à l'ombre des hêtres, au murmure du ruisseau… l’air lui-même résonne encore de leurs serments !… Solitaire et pensif, Elvino, d'ailleurs, s'avance. Sa tristesse et son découragement transparaissent dans la brève Cavatina introduite par un beau solo du cor, mélancolique et romantique à souhait. Les protestations d'innocence d'Amina ne font que déchirer plus encore le coeur d'Elvino, ne faisant que répéter ce qu’elle a fait de lui : « Il più triste de’ mortali » ! Les paysans reviennent joyeusement, convaincus de l'innocence d'Amina grâce aux déclarations du comte... « Il Conte! » s'exclame Elvino. A ce nom, il donne libre cours à sa fureur et retire l'anneau à Amina... celle-ci s'effondre, profondément mortifiée... Elvino est tout de même ému, mais au comble du désespoir, il exprime son amertume dans une pathétique et superbe Cabaletta : « Ah! perchè non posso odiarti… Ah! pourquoi ne puis-je te haïr, Infidèle, comme je le voudrais ! Ah! Tu n'es pas encore complètement Effacée de mon coeur ». Les villageois l'invitent à aller voir le comte mais il s’enfuit, éperdu, tandis que s'abaisse le rideau. Cette Cabaletta est l'exemple type du morceau romantique où la passion la plus violente et la douleur la plus profonde sont toujours exprimées avec retenue et délicatesse. L’aspect, également typique du romantisme, un peu "extérieur" de panache désespéré et ostentatoire, ou de "gracieux désespoir", comme nous le nommons souvent, ne manque pas non plus : le ténor pouvant briller d’un aigu final interminable, s’il le peut, tandis que l’orchestre charge vigoureusement. Là se réalise cette émotion, toute jouissance si l’on veut, de l’amateur de ce répertoire qui retient alors son souffle… Second tableau [38’] : Un Village. Au fond, on voit le moulin de Teresa ; un torrent en fait tourner la roue. Recitativo. Un dialogue animé oppose Lisa à Alessio, tentant de lui démontrer qu’Elvino sera vite convaincu de l’innocence d’Amina… d’autre part, que faire d’un homme qui vous épouse par dépit ?!… mais la calculatrice et capricieuse Lisa n’est pas disposée à écouter la sagesse d’Alessio, aussi, celui-ci déclare remuer ciel et terre avant d’endurer calmement qu’on se moque ainsi de lui. Coro e Cabaletta Lisa, Coro Le choeur confirme la décision d'Elvino et salue en Lisa sa nouvelle fiancée. Celle-ci jubile et chante son émotion et sa gratitude dans une charmante Cabaletta (souvent coupée, hélas!). Là également, selon l’interprète, le morceau peut prendre un relief particulier, comme dans l’enregistrement Naxos, où la colorature Dilbèr émet un hallucinant suraigu quasiment final… se taillant ainsi un beau succès malgré une justesse un peu vacillante. Recitativo e Arioso Elvino, Conte, Tutti Elvino déclare à Lisa qu'il n'aurait jamais dû rompre leurs fiançailles et lui demande un pardon qu'elle se hâte d'accorder ! Ils partent en direction de l'église mais le comte fait son entrée. Elvino l'aborde dans un fier et digne Arioso : « Signor Conte ». Le comte a beau fournir de savantes explications aux paysans attentifs et étonnés mais ceux-ci ne peuvent y croire : « Une personne qui dort et qui marche ! Non, cela n'est pas, ne peut être ! ». Scena e Quartetto concertato Elvino-Teresa-Lisa-Conte Teresa entre et leur demande de respecter le sommeil d'Amina mais la vue de Lisa aux côtés d'Elvino fait naître son inquiétude... L'arrogance de Lisa affirmant que elle, elle n'a pas été découverte, seule, enfermée dans la chambre d'un homme, provoque l'indignation de Teresa qui exhibe le mouchoir perdu par Lisa, dans la chambre du comte (Teresa l'avait ramassé lorsqu'on découvrit Amina endormie sur le sofa). Nouveau coup de théâtre, nouveau crève-coeur pour Elvino. Il exprime sa désillusion dans un beau quatuor (souvent coupé !) reflétant également l'embarras de Lisa et la rigueur de Teresa et du comte, qui n'est pourtant pas étranger à l'affaire... Recitativo. Le comte soutient l'innocence d'Amina qui va d’ailleurs inconsciemment la prouver : elle sort, endormie, d'une fenêtre et marche sur le bord du toit... en bas, la roue du moulin tourne rapidement... un faux pas et Amina est perdue... - Stupéfaction générale -. Le comte Rodolfo intime un silence complet, il ne faut surtout pas éveiller la « sonnambula » qui vacille en passant le pied sur une poutre à moitié pourrie, juste au-dessus de la roue... La poutre se brise mais Amina est déjà sauve ! La musique de cette scène est très dépouillée : quelques mesures de l'orchestre, quelques mots de prière murmurés par le choeur. Scena ed Aria finale Amina. Bellini a choisi pour terminer son opéra le grand air pour soliste "inventé" par Rossini mais porté à un degré d'émotion, de diversité et de perfection par Donizetti. La plupart des opéras du Romantisme italien se terminent par ce type d’Aria double, très prisé du public et à l’impact garanti. Le compositeur cristallisait ainsi le moment de la catastrophe (ou de l’exultation) finale sur le personnage principal et l’interprète y trouvait une possibilité de mettre ses dons en valeurs, par l’écriture musicale mais également par les extrapolations permises par le compositeur. Scena. La "Scena" est un récitatif plus élaboré et celle-ci va être l’occasion de rappeler plusieurs motifs musicaux ayant rapport avec les instants de bonheur du premier acte. Amina apparaît, endormie, au milieu de tous. Elle exprime ses regrets de ne pouvoir saluer Elvino une dernière fois "avant qu’il ne conduise une autre à l’autel !…". Elle croit entendre les cloches : il est trop tard ! – la flûte suggère timidement le thème de sa première scène de somnambulisme, alors qu’elle se croyait à la cérémonie.. Elle s’agenouille, implorant Dieu de ne pas regarder ses pleurs, car elle lui pardonne ! Une dernière prière, alors : qu'Elvino soit heureux autant qu'elle est malheureuse. Le choeur est subjugué par autant de magnanimité... Elle cherche l'anneau qu'il lui a retiré et la clarinette le souligne, en rappelant tendrement le sublime thème du duo « Prendi, l’anel ti dono »… Elle n’a plus l’anneau, mais l'image d'Elvino... est « sculptée » dans son coeur, personne ne peut lui ravir ! La flûte espiègle joue en tempo de valse le début de la Stretta du même duo, correspondant aux paroles d’Amina cherchant des mots pour exprimer son amour : « Ah! vorrei trovar parole »… La flûte soupire éperdument le motif de l'instant où Elvino offrait à Amina le bouquet de violettes qu'elle porte encore, et qu'elle regarde à présent avec tristesse. Aucune introduction du thème par la flûte, ni par la clarinette… mais une sobriété absolue pour l’attaque de l’air : l’orchestre soupire délicatement, les cordes commencent leur accord linéaire, typiquement coloré de mélancolie romantique : Cavatina (ou première partie de l’Aria) : « Ah! non credea mirarti Sì presto estinto, o fiore. » Elle ne pensait pas voir se faner si vite ces tendres fleurs, passées aussi vite que l’amour qui ne dura un seul jour ! C'est le type d'air dont Bellini avait le secret et que Verdi nommait « mélodie longue longue longue ». Elle se déploie calmement, soutenue par les mêmes accords répétés des cordes, le hautbois souligne les plaintes d'Elvino, qui ne résiste plus à sa douleur… La mélodie s’étire encore, semble ne plus finir… le violoncelle mélancolique accompagne seul la la plainte infinie d’Amina : « Che un giorno sol durò… (qui ne dura qu’un seul jour) »… Bellini est en état de grâce… et transporte son auditoire, oublieux du monde, au septième ciel… Lorsque la voix d'Amina s'éteint… il faut bien redescendre sur terre et se retrouver… dans son fauteuil de velours ! (Scena) Elvino ne se contient plus et repasse l'anneau au doigt d’Amina... Amina se réveille au milieu de ceux qu'elle aime. Surprise, elle croit bien sûr rêver (!!) et demande qu’on ne la réveille pas ! Mais Elvino la rassure et le choeur l'invite à se rendre enfin à l'église. Cabaletta finale : « Ah! non giunge uman pensiero » : « Ah! la pensée humaine ne peut concevoir / La joie si grande qui est en moi ». Amina exulte dans ce grand morceau de bravoure et l’interprète peut encore augmenter le caractère brillant du morceau en variant le Da capo de la Cabaletta. L’apothéose finale intervient alors qu’Amina surmonte de ses suraigus vertigineux, la liesse générale et tumultueuse des choeurs et des autres personnages, et le vrombissement de l’orchestre déchaîné qui conclut, à grand renfort de roulements de timbales et de cymbales. Ce brillant un peu vain et démonstratif, ce paroxysme du bonheur comme du malheur : c’est cela aussi, le Romantisme ! C’est également un grand moment d’émotion pour l’auditeur, même si tout finit bien, car l’exubérance, l’engagement de l’interprète sur laquelle repose le Finale, créent une tension que le public sent instinctivement… le silence particulier et unanime qui se fait miraculeusement plus intense à ce moment là dans la salle, témoigne de ce moment magique. Le digne et sensible Felice Romani, librettiste ou "poeta", comme on disait à l’époque, a su caractériser magnifiquement La Sonnambula par ces mots : « Jamais la campagne n'eut une nature plus verdoyante, le ruisseau, de plus doux murmures; l'amour, de plus tendres soupirs ».
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![]() ![]() Festival scénique Der Ring des Nibelungen Deuxième journée en trois actes Poème et musique de Richard Wagner Créé le 16 août 1876 au Festspielhaus de Bayreuth Mise en scène, scénographie et vidéo : Stéphane Braunschweig Siegfried: Ben Heppner Orchestre: Berliner Philharmoniker Direction Musicale: Sir Simon Rattle Nouvelle production Spectacle en allemand surtitré en français Coproduction Festival d’Aix-en-Provence et Festival de Pâques de Salzbourg Le rêve de puissance des dieux s’est mué en cauchemar. Dans un monde qui court à sa perte, seul un humain dégagé des lois divines et de leurs contradictions peut refonder l’espoir. Le mardi 1° juillet Grand Théâtre de Provence Siegfried Richard Wagner Orchestre Philharmonique de Berlin Simon Rattle / Stephane Braunschweig
Le samedi 5 juillet Grand Théâtre de Provence La Turangalila Symphonie Olivier Messiaen
![]() SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg Direction musicale, Sylvain Cambreling Roger Muraro, piano Valérie Hartmann-Claverie, Ondes Martenot La Turangalîla-Symphonie est une œuvre pour orchestre et deux solistes, composée par Olivier Messiaen entre 1946 et 1948, commandée en 1945 par Serge Koussevitzky. La création mondiale a eu lieu le 2 décembre 1949, par l'Orchestre symphonique de Boston, sous la direction de Leonard Bernstein, avec Yvonne Loriod au piano et Ginette Martenot aux ondes Martenot. La création française a eu lieu à Aix-en-Provence sous la conduite de Roger Désormière, dirigeant l'Orchestre national de France, le 25 juillet 1950. Cette symphonie a, comme solistes, un piano et des ondes Martenot — oscillateur électronique monodique. Pour l’auteur, il s’agit surtout d’une symphonie concertante. La diversité des pupitres requis, suivant en cela la liberté revendiquée par le commanditaire, comprend, les bois, le quintette des cordes, les cuivres dont une section étoffée de trompettes, mais aussi célesta et vibraphone qui opèrent comme le gamelan hindou de la Sonde. Une onde martenot et aussi la batterie formée de triangle, cymbale turque et chinoise, maracas, tam-tam soulignent combien en orchestrateur universel, Messiaen, syncrétique et visionnaire, aimait collectionner une palette très large de "sons" traditionnels, créant des métissages actifs, facettes de son humanisme planétaire. Le piano assure par sa partie virtuose, plusieurs grappes d’accords diamantins, inspirés des chants d’oiseaux, qui font de l’ouvrage comme un concerto pour piano et orchestre. Turangalîlâ exprime tout à la fois, vie et mort, énergie et joie, chant, mouvement, rythme... Ce pourrait être l’essence de la condition humaine mais aussi la musique elle-même qui filtre les aspirations et les inquiétudes de l’âme, confrontée au grand dessein cosmique. Dans cette fresque qui unit l’homme et la nature, la conscience et l’éternité, Messiaen organise ce chant colossal en composant quatre thèmes : vieux monuments mexicains à la fois terrifiants, solennels et mystérieux (thème statue), thème de la fleur (douces clarinettes en duo), thème de l’amour (le plus important), thème accords... La symphonie est écrite en dix mouvements, qui sont :
Le mardi 5 août Théâtre Antique d’Orange
Le mythe de Faust, dont on dit qu’il vendit son âme au diable pour recouvrer l’éternelle jeunesse, donna lieu à de nombreuses adaptations théâtrales ou lyriques (pas moins de quatorze opéras !). En musique, outre le Faust de Gounod, citons La Damnation de Faust de Berlioz, les Scènes de Faust de Goethe de Schumann, Doktor Faust de Busoni, mais aussi, au théâtre, Faust, le poème dramatique de Goethe en deux parties, dont s’inspira Michel Carré pour son drame fantastique, Faust et Marguerite, qu’adapta Jules Barbier pour Charles Gounod. Léon Carvalho accepta pour le Théâtre Lyrique le projet que lui soumit Gounod et que l’Opéra de Paris avait refusé. Méditant sur la vanité de sa science et alors qu’il va mettre fin à ses jours, Faust voit apparaître, le jour de Pâques, Méphistophélès avec qui il signe un pacte : sa jeunesse retrouvée contre son âme. Au cours d’une kermesse, Faust fait la connaissance d’une jeune fille, Marguerite, que son frère Valentin, qui part à la guerre, a confié à son ami Siebel (qui l’aime en secret) pour la protéger en son absence.Faust tombe amoureux de Marguerite qui n’est pas indifférente à ce beau jeune homme. Méphisto s’attache à écarter les importuns : Siebel, Dame Marthe, la gouvernante de Marguerite, et dépose à sa porte le coffret de bijoux tentateur. Faust dit son amour à Marguerite qui succombe. Mais Faust l’abandonne. Marguerite, désespérée, se confie à Siebel et se réfugie à l’église, tandis que Valentin, de retour de la guerre, provoque en duel Faust qui a déshonoré sa sœur. Celui-ci, avec l’aide de Méphisto, blesse mortellement son adversaire qui maudit Marguerite. Méphisto entraîne alors Faust dans la montagne du Harz (Harzgebirge), son royaume, où se déroule la « nuit de Walpurgis », mais Faust est poursuivi par l’image de Marguerite dans son cachot : elle a été condamnée à mort pour avoir tué l’enfant qu’elle avait eu de Faust. Celui-ci, accompagné de Méphisto, vient la délivrer. Mais Marguerite, épuisée, confie son âme au ciel, repousse Faust et meurt. Des voix célestes disent sa rédemption. Le succès de Faust ne s’est pas démenti depuis un siècle et demi .Il tient au fait que Gounod a su créer là une œuvre typiquement française, se démarquant résolument des modèles germanique et italien. Avec un sens inné de la mélodie, de l’expressivité lyrique et de l’effet théâtral, il a su composer des airs qui sont aujourd’hui encore dans toutes les mémoires, quand bien même on ignore tout de l’opéra. Qu’il s’agisse de l’air de Faust devant la maison de Marguerite (« Salut, demeure chaste et pure »), de la Chanson du Roi de Thulé ou du fameux air des bijoux (« Ah, je ris de me voir si belle »), que toutes les cantatrices ont voulu chanter, du chœur des soldats (« Gloire immortelle de nos aïeux ») ou de l’air ultime de Marguerite (« Anges purs, anges radieux »).
Le voyage mêlera la musique lyrique et la découverte d’une des capitales de l’architecture mondiale Vicence, patrimoine de l’Unesco avec les villas palladiennes. Fondée au IIe siècle av. J.-C. dans le nord de l'Italie, la cité a prospéré sous la domination vénitienne, du début du XVe à la fin du XVIIIe siècle. L'œuvre d'Andrea Palladio (1508-1580), fondée sur une étude approfondie de l'architecture romaine classique, donna à la ville son apparence unique. Ses interventions urbaines et ses villas, dont il parsema toute la Vénétie, eurent une influence décisive sur le cours ultérieur de l'architecture. Son travail a inspiré un style architectural caractéristique (le palladianisme) qui s'est répandu en Angleterre, dans d'autres pays d'Europe et en Amérique du Nord.
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