Hollywood music

Concert hollywoodien à l’opéra de Toulon

By TV83.info -Oct 22, 20220

Des musiques  plein la vue
Concert hollywoodien à l’opéra de Toulon

Dans une atmosphère chaleureuse où dominait la jeunesse, le concert intitulé Hollywood  music a tenu ses promesses, fréquentation et enthousiasme !

Musique et Cinéma
On imagine mal un film ou une série sans leurs musiques. Elles accompagnent le spectateur, le guident dans ses émotions, le trompent parfois, et s’avèrent être un excellent allié pour la narration. Aujourd’hui, certains compositeurs de bandes originales sont des vedettes. Non contents d’être des arguments de vente des films auxquels ils collaborent (John Williams et

Ennio Morricone ou Nino Rota  en sont des exemples parfaits), ils sont devenus de véritables stars, remplissant des salles de concert immenses.

Séduire
Sans être des chefs d’œuvre d’inspiration, les partitions proposées à Toulon avaient de quoi séduire. Et avant tout les jeunes scolaires qui, le matin même, avaient pu participer  à une action d’initiation musicale menée par le Festival de Toulon.

Nous  avons pu apprécier vendredi soir  la présentation impeccable de Joël Nicod, musicien lui-même et musicologue cultivé, pédagogue sans démagogie qui a bien replacé ces œuvres dans la vie culturelle d’outre-Atlantique.

L’orchestre symphonique de Toulon, ce soir-là très cuivré, fortement enrichi de musiciens invités, avait une fière tenue pour défendre cette esthétique musicale aux accents spectaculaires. On peut souhaiter que la ville de Toulon, TPM et la nouvelle direction prendront conscience de la nécessité de préserver cet outil artistique de qualité en maintenant une  phalange permanente.

Un chef à l’aise dans ce style
Le chef d’orchestre hollandais  Ernst Van Tiel, remarqué pour l’enregistrement de la musique du film The Artist, semblait au mieux dans ce répertoire. Une battue énergique, un peu complaisante dans les tempi. Le tout servi par un souci d’efficacité qui alla crescendo tout au long de la soirée. Il fut l’artisan de la réussite musicale.

Une pluralité de styles.
À la finesse d’écriture de Bernard Herrmann (Fahrenheit suite) il sut imprimer une réelle poésie personnelle par une intense respiration sonore.

Dans Leo Shiffrin en ouverture (Mission impossible) Van Tiel a surtout insisté sur les sonorités  robustes d’une orchestration qui emprunte beaucoup aux rythmes latinos. Plus problématique m’a semblé l’équilibre des divers pupitres dans la difficile  orchestration de Forrest Gump de Alan Silvestri.

Le moment fort musicalement de la soirée fut sans doute la très belle Psycho Suite  de Herrmann confiée à la section des cordes. On passait au-delà du  descriptif cinématographique pour atteindre à une authentique originalité  d’écriture proche de Bartok et Janacek.

Dépasser l’accompagnement des images
L’un des clichés autour de la musique de films consiste à penser qu’elle n’est qu’un accompagnement soulignant l’action. Au contraire, elle doit exister comme un personnage à part entière, qui apporte une dimension émotionnelle supplémentaire. Le septième art s’est beaucoup inspiré  à ses débuts de l’opéra et du post romantisme allemand.

Le compositeur John Williams

La musique symphonique post mahlérienne (exemple Korngold) qui en en découla a ainsi fait les beaux jours du cinéma durant de nombreuses années, avant qu’un besoin de renouveau amené par Hollywood incite à s’éloigner de cette inspiration importée par les juifs  d’Europe fuyant l’antisémitisme. Un compositeur américain, et ses partitions désormais mythiques, vont effectuer cette révolution : il s’agit de John Williams qui crée un style nouveau, Hollywood music.

Adhésion publique, émotion finale
Dans cet état d’esprit  notons l’interprétation éclatante des deux partitions williamsiennes (Harry Potter et la Marche des Aventuriers de l’Arche perdue.) faisant figure de tubes. Tiel a bien compris les ressources sonores des apports cuivrés de la  formation toulonnaise.  Il les a exploité à fond faisant sonner l’orchestre avec une rutilance de bon aloi.

Devant les applaudissements  mérités le chef proposa en bis  la scène d’amour de Vertigo  de Bernard Hermann mettant en valeur tout le lyrisme retenu  de cette partition touchante.

Dernier salut, dernier hommage aux deux musiciens de l’orchestre prenant leur retraite, le contrebassiste Patrice Serrus et le corniste Bruno Badoux qui ont bien mérité de la musique.

En conclusion un concert plébiscité par un public nouveau et nombreux  qui en a eu les oreilles plein la vue. Voilà l’essentiel du succès et du mérite de cette soirée, sur le grand écran de nos mémoires. Mission accomplie !

Jean François Principiano