D’un Noël l’autre… petite histoire d’une grande tradition

By TV83.info -Déc 18, 20210

En cette période d’avant la nativité, un petit regard sur les origines de la tradition qui a scandé l’histoire de notre civilisation est toujours fertile, ne serait-ce que pour retrouver les symboles et les valeurs qui ont nourri nos racines communes.

Noël provient d’une fête païenne, les Saturnales, célébrée du 17 au 24 décembre durant l’Antiquité Romaine. Au cours de cette fête, les Romains organisaient de grands banquets. Aujourd’hui encore, la tradition occidentale est de se réunir  en famille autour d’un grand repas ! En 274 après Jésus-Christ, les Saturnales sont prolongées jusqu’au 25 décembre pour coïncider avec la fête du  renouveau du Soleil. Les Romains célébraient la naissance de Sol Invictus, une divinité solaire. Au IVe siècle, l’Église romaine a choisi de célébrer la naissance de Jésus le 25 décembre, en même temps que le renouveau de la lumière.

Et pourquoi des cadeaux ?
Sous l’Empire romain, la tradition voulait que l’on offre des cadeaux le 1er janvier : des plantes porte-bonheur au début, puis de la nourriture, des vêtements, des objets… Un échange de cadeaux était donc courant à cette période de l’année. Noël est alors progressivement devenu le jour des cadeaux avec la diffusion du Père Noël, qui dépose les cadeaux aux pieds du sapin ! Les orthodoxes conservent eux la date  du calendrier julien, le  6 janvier pour offrir des cadeaux.

Le père Noël  existe vraiment
Il a pour origine  Saint Nicolas. On retrouve dans sa représentation toute la symbolique de St Nicolas, barbe blanche, manteau rouge…. Le père Noël voyage dans un traîneau tiré par des rennes, Saint Nicolas voyageait sur le dos d’un âne. Malgré la réforme protestante du XVIe siècle qui supprima la fête de St Nicolas dans des pays d’Europe, les Hollandais gardèrent leur Sinter Klaas et sa distribution de jouets.

Lorsqu’ils s’installèrent aux États-Unis, Sinter Klass devint Santa Claus. Santa Claus subit des transformations vestimentaires et culturelles pour se transformer en un Père Noël plus convivial et il est revenu plus vivant que jamais avec les soldats américains en 1917.

Appeler le Père Noël en visioconférence sur www.visioperenoel.com , il confirmera.

La Sainte Barbe
Dans la tradition provençale, il est d’usage de faire germer des graines de blé ou des lentilles dans trois soucoupes couvertes de coton humide le 4 décembre, jour de la Sainte Barbe, soit 20 jours avant Noël.  Le soir de Noël, lors du gros souper, on dispose sur la table les trois coupelles qui représentent la Trinité. La tradition veut que si les tiges poussent droites, vertes et que le blé est bien germé, l’année sera prospère et la moisson suivante sera bonne. A cette occasion, on utilise souvent l’expression provençale : Quand lou blad vèn bèn, tout vèn bèn !

Les santons
Le vrai santon, du provençal « Santoun » qui signifie petit saint, est en argile. Il est fabriqué à la main par des artisans passionnés. Les santons doivent ensuite prendre figure humaine, une allure, un caractère et même un rang social. Ils représentent les habitants du village se rendant à la crèche : joueurs de pétanque, marchands de poisson, docteurs, boulangers, bergers, personnages célèbres de l’année écoulée. Cette année il y aura le  santon du professeur Raoult, covid oblige ! La crèche authentique est en fait une représentation du village provençal et de ses histoires. Cette tradition est présente partout en Provence et il existe une centaine d’ateliers entre Toulon, Marseille, Aubagne, Aix en Provence, Arles qui proposent des santons artisanaux pour la crèche. Une invention de François d’Assise importée au XIVème siècle.

Le souper de la soirée de Noël
Le souper est servi le soir de Noël, avant de se rendre à la messe de minuit. La table est couverte de 3 nappes blanches – 3 pour les 3 personnes de la Trinité – avec 3 chandeliers blancs allumés et 3 soucoupes de blé germé de la Ste Barbe. Le souper est paradoxalement composé de 7 plats maigres en souvenir des 7 douleurs de Marie, il est servi avec 13 petits pains suivi des 13 desserts représentant la Cène avec les 12 apôtres et Jésus.

Parmi les plats maigres servis, on retrouve souvent la carde et le céleri, le choux-fleurs, les épinards et la morue, l’omelette, les escargots, la soupe à l’ail, mais jamais de viande uniquement des poissons, des coquillages, des gratins, des légumes, des soupes, de l’anchoïade. La seule abondance est celle des treize desserts.

Les Treize desserts
Les treize desserts sont dégustés au retour de la messe, ils resteront sur la table pendant les 3 jours suivant, jusqu’au 27 Décembre. Leur présence assure une riche panoplies de symboles chrétiens, juifs et même païens dans un syncrétisme émouvant : les 4 mendiants : figues sèches (Franciscains), amandes (Carmélite), raisins secs (Dominicains) et noix (Augustins),les dattes symbole du Christ venu de l’Orient, les nougats (le noir et le blanc, symbole de la vie avec ses bons et mauvais jours), la fougasse à l’huile d’olive symbole de la foi, la pâte de coing ou fruits, confits, symboles de l’amour maternel, les oreillettes symboles de la consolation, les fruits frais, mandarines, oranges, poires, raisins et melons d’hiver conservés pour cette occasion, symboles du renouveau de la nature.

La Provence première terre chrétienne de France.
C’est par la Provence que la France fut christianisée. Les traces de cette présence chrétienne antique sont très nombreuses. Elles se rapportent aux vies de Marie-Madeleine, sainte patronne de la Provence, de sa sœur Marthe et de son frère Lazare, le « ressuscité », qui est depuis toujours considéré comme le premier évêque de Marseille, ainsi que de leurs compagnons, Maximin, Victor, Marie-Salomé, Marie-Jacobé, Sarah, Marcelle… qui furent tous des contemporains du Christ. Arrivés par bateau aux Saintes-Maries-de-la-Mer, les signes de leur passage en Provence sont nombreux, cohérents et de nature variée en beaucoup de lieux comme à Marseille et aux Aygalades (Marie-Madeleine, Lazare), à Tarascon (Marthe), à Aix-en-Provence (Maximin, premier évêque, et Sidoine, second évêque), à la Sainte-Baume (Marie-Madeleine), à Pignans (Nymphe, sœur de Maximin), à Apt (sainte Anne), à Saint-Maximin (Marie-Madeleine et  Maximin). La Basilique Sainte Marie-Madeleine est considérée comme le troisième tombeau de la Chrétienté après le Saint-Sépulcre de Jérusalem et ceux des Apôtres Pierre et Paul à Rome. L’étude récente du sarcophage et la datation des reliques très exceptionnelles de Marie-Madeleine sont comme une confirmation des traditions orales et des écrits à ces sujets, en cohérence avec toutes les autres reliques, les traditions et la toponymie. Aucune autre région du monde ne revendique d’ailleurs ces saints importants.

La messe de Minuit.
Elle se déroule après le Souper, juste avant les 13 desserts. Ce moment important dans la vie des familles n’est bien évidemment pas une tradition spécifique à la Provence. Mais les provençaux ont fait de cette messe une véritable fête culturelle. Pendant la messe, on peut entendre des chants de Noël provençaux accompagnés de flutes galoubets et tambourinaires. La messe est parfois composée d’une crèche vivante où les personnages sont représentés par les habitants du village en costumes : la Sainte famille, Jésus, Marie, Joseph, les Rois Mages et les bergers.

Jean-François Principiano

Sources

Laisser un commentaire